11 octobre 2009
Rencontres nationales sur la lecture en prison
Par Dominique Gazet
- Actes des Rencontres nationales sur la lecture en prison
- Fédération Française de Coopération entre Bibliothèques
- publié avec le soutien de la Direction du livre et de la lecture,
- et de la Direction de l'administration pénitentiaire
- mars 1997
- ISBN : 2-907420-45-3
Ces actes du colloque, rassemblant à Paris en 1995 La Direction de l’administration pénitentiaire, La Direction du livre et de la lecture, La Délégation interministérielle à la ville et La Fédération française de coopération entre bibliothèques, dressent un état des lieux de la lecture en prison 10 ans après les décrets d’août 1985.
Dès le Second Empire, on peut trouver trace de bibliothèques en prison, mais il faut attendre 1985 pour voir apparaître dans le Code de procédure pénale une référence explicite à un service organisé de lecture en établissement pénitentiaire (service obligatoire dans chaque établissement, notion d’accès direct des détenus).
L’accès à la culture et à l’information, dont l’un des vecteurs principaux est le livre, est considéré comme un droit pour tous - préoccupation constante des grands textes internationaux, de la déclaration des Droits de l’Homme au Manifeste de l’Unesco sur la bibliothèque publique - et notamment pour les populations empêchées (prison, hôpital, maison de retraite). Dans le cas des personnes détenues, la possibilité d’exercer ce droit est d’autant plus importante que la lecture peut devenir un véritable outil de réinsertion. A partir de 85, la privation de lecture ne peut plus être infligée à titre de sanction disciplinaire.
C’est dans une circulaire de 1992 que les responsabilités des deux Ministères impliqués sont définies : à la Justice la mise en place de la bibliothèque, l’octroi d’un budget de fonctionnement et la mise à disposition d’un détenu en charge de la gestion quotidienne, à la Culture par l’intermédiaire du Centre National du Livre (CNL) l’apport d’un complément pour les acquisitions et via les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) le soutien pour des actions culturelles. Des objectifs chiffrés sont fixés en matière de fonds : au minimum 3000 livres (y compris en langues étrangères) ainsi que 1000 livres et cassettes, renouvellement annuel de 10%.
Malheureusement, le rude principe de réalité met en évidence l’écart entre les textes et leur application. En 1995, 120 bibliothèques existent pour 183 établissements pénitentiaires. Les bibliothèques existantes sont petites, les livres qu’on peut y trouver sont vieux et proviennent souvent de dons. Les succès ne relèvent que des lieux où les élus locaux se sont sentis impliqués, mettant à disposition des bibliothécaires territoriaux et des livres. Or, pour beaucoup de ces élus, les services concernant la population incarcérée ne regardent que l’Etat.
D’autres études, commandées par le Ministère de la Culture, viennent depuis compléter le tableau (notamment à nouveau 10 ans plus tard en 2005 Les bibliothèques des établissements pénitentiaires) tant il est vrai que la question de l’accès à la lecture des publics placés sous main de justice suscite l’intérêt, renouvelé notamment par la loi du 29 juillet 1998 sur la lutte contre les Exclusions. Pour compléter ce panorama, on pourra également parcourir le Mémoire d’études de Sandrine Haon, diplômée 2008 de l’Ecole Nationale Supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (ENSSIB) qui s’intitule Lire en prison.
22:45 Ecrit par Éditeurs de l'EMI dans Livres sur le livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : lecture, prison, bibliothèque, livre, détenu |
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